Facture électronique depuis 2025 : obligations et règles du BMF

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Obligation de facture électronique depuis 2025 et périodes transitoires

Avec le Wachstumschancengesetz (loi allemande sur les opportunités de croissance), l’Allemagne a introduit, au 1er janvier 2025, l’obligation de facturer certaines opérations entre entrepreneurs établis sur le territoire national au moyen d’une facture électronique structurée. Sont concernées les opérations imposables qui ne sont pas exonérées de TVA en vertu du § 4 nos 8 à 29 UStG (loi allemande relative à la taxe sur le chiffre d’affaires).

L’introduction de la facture électronique s’accompagne de dispositions transitoires. La règle transitoire générale concernant l’émission et la transmission prend fin à l’expiration du 31 décembre 2026. Seules les entreprises dont le chiffre d’affaires en 2026 n’a pas dépassé 800 000 euros bénéficient, conformément au § 27 al. 38 UStG, d’une période transitoire prolongée jusqu’au 31 décembre 2027.

Le droit d’option consistant à émettre une facture électronique appartient exclusivement à l’émetteur de la facture. Indépendamment du fait qu’un entrepreneur réalise lui-même des opérations imposables et soumises à la taxe, il doit, depuis le 1er janvier 2025, être en mesure de recevoir des factures électroniques et de les conserver correctement sous forme électronique.

Fondements de la facture électronique selon l’UStG

Mentions obligatoires inchangées dans la facture

Le contenu formel des factures selon le § 14 al. 4 phrase 1 UStG demeure inchangé. Les mentions légalement requises doivent figurer dans la partie structurée de la facture électronique. Étant donné que la mise en œuvre technique pose des difficultés dans certains aspects de la pratique, l’administration fiscale a prévu à cet égard des règles transitoires et de non-contestation élargies.

Champ d’application de la facture électronique obligatoire

Une facturation par facture électronique est obligatoire lorsqu’une prestation imposable sur le territoire national est effectuée par un entrepreneur national au profit d’un autre entrepreneur national au sens du § 14 al. 2 phrase 3 UStG et que cette prestation n’est pas exonérée de taxe en vertu du § 4 nos 8 à 29 UStG.

La facture électronique doit être établie dans un format électronique structuré conforme à la série de normes EN 16931. Sont admissibles aussi bien un fichier XML pur qu’une facture hybride, par exemple une facture ZUGFeRD avec un fichier PDF lisible par l’homme et un fichier XML intégré. ZUGFeRD à partir de la version 2.0.1 repose, à l’exception des profils MINIMUM et BASIC-WL, sur EN 16931 et fait donc partie des formats autorisés.

La facture doit être émise, transmise, reçue et archivée dans ce format structuré. Un traitement électronique ultérieur doit être possible chez le bénéficiaire de la prestation ; il n’est toutefois pas obligatoire de l’effectuer.

Aucune obligation déclarative supplémentaire jusqu’en 2030

Il n’existe actuellement aucune autre obligation déclarative envers l’administration fiscale. Des obligations déclaratives électroniques supplémentaires devraient toutefois être introduites au 1er juillet 2030.

Autres factures et exceptions

Les factures établies dans d’autres formats sont considérées comme autres factures. Cela inclut les factures papier ainsi que les factures électroniques sans format structuré, par exemple les factures par télécopie ou les simples factures PDF sans fichier XML intégré.

Pour les prestations effectuées jusqu’au 31 décembre 2026, les entrepreneurs peuvent encore, par dérogation aux nouvelles exigences légales, facturer au moyen d’une autre facture. Cela correspond à la règle transitoire générale prévue au § 27 al. 38 phrase 1 no 1 UStG. Les entrepreneurs dont le chiffre d’affaires total en 2026 n’a pas dépassé 800 000 euros peuvent également émettre d’autres factures pour les prestations effectuées jusqu’au 31 décembre 2027, § 27 al. 38 phrase 1 no 2 UStG.

Les factures de faible montant jusqu’à un montant total de 250 euros selon le § 33 UStDV (règlement allemand d’application de la taxe sur le chiffre d’affaires) et les titres de transport selon le § 34 UStDV peuvent continuer à être émis comme autres factures, indépendamment des dispositions transitoires. Toutefois, lorsque les conditions générales d’une facture électronique sont réunies, une facture électronique est également possible dans ces cas. Les petits entrepreneurs ne sont pas non plus tenus d’émettre des factures électroniques pour leurs prestations.

Tous les entrepreneurs doivent, depuis le 1er janvier 2025, pouvoir recevoir des factures électroniques et les archiver sous forme électronique. Cela vaut également pour les petits entrepreneurs ainsi que pour les entrepreneurs qui réalisent exclusivement des opérations exonérées excluant la déduction de la taxe en amont, par exemple les entrepreneurs exerçant exclusivement une activité de location de logements exonérée ou exclusivement une activité thérapeutique. Le consentement du bénéficiaire de la prestation n’est pas nécessaire à cet effet.

Troisième lettre officielle du BMF du 15 octobre 2026

Qualification de l’instruction administrative

Le Bundesministerium der Finanzen (BMF, ministère fédéral allemand des Finances) avait déjà pris position, au moyen de deux lettres publiées officiellement, sur les principes de la facture électronique. La première lettre du 15 octobre 2024 a été publiée au Bundessteuerblatt (BStBl, Bulletin fiscal fédéral allemand) 2024 I, page 1320, et portait sur l’introduction de la facture électronique. La deuxième lettre du 15 octobre 2025, BStBl 2025 I, page 1806, référence III C 2 – S 7287-a/00019/007/243, visait à adapter l’Umsatzsteuer-Anwendungserlass (UStAE, instruction allemande d’application de la TVA).

Le 15 octobre 2026, le BMF a publié une troisième lettre officielle portant la référence III C 5 – S 7287-a/00019/021/017. Elle est intitulée « Einführung der obligatorischen elektronischen Rechnung bei Umsätzen zwischen inländischen Unternehmern ab dem 1. Januar 2025 – Ergänzende Regelungen » et est publiée sous forme de PDF sur le site du ministère fédéral des Finances. NWB-Verlag confirme également la date, la référence et les modifications correspondantes de l’Umsatzsteuer-Anwendungserlass.

La lettre synthétise des éléments essentiels issus de courriers adressés à des associations, qui n’avaient pas été publiés officiellement auparavant, et contient en outre des prescriptions complémentaires. Elle a notamment été précédée de lettres du 23 février 2026, entre autres au Zentralverband des Deutschen Handwerks, du 2 juillet 2026 au Verband der Automobilindustrie e. V. sous la référence III C 5 – S 7287-a/00019/015/057, du 21 juillet 2026 notamment au DIHK sous la référence III C 5 – S 7287-a/00019/008/166, ainsi que du 1er septembre 2026 notamment au DIHK sous la référence III C 5 – S 7287-a/00019/015/071.

Selon la présentation publiée, l’administration fiscale, dans la lettre officielle du 15 octobre 2026, reste en partie en deçà des déclarations figurant dans les courriers adressés aux associations non publiés officiellement. Dans la mesure où ces courriers concernaient certaines questions pratiques relatives à la facture électronique, leurs indications n’ont donc pas été intégralement reprises dans la lettre officielle.

Règles particulières du BMF relatives à la facture électronique

Factures d’acompte, de paiement anticipé, situations intermédiaires et factures finales

Lorsque des factures d’acompte, de paiement anticipé ou de situation intermédiaire ont été établies avec mention séparée de la TVA, la TVA qui y est indiquée ne doit pas être à nouveau mentionnée séparément dans la facture finale. Elle doit être prise en compte en conséquence dans la facture finale ou déduite de manière apparente.

L’administration fiscale a intégré les différentes formes de présentation au point 14.8 al. 8 UStAE. Étant donné que la déduction apparente de la TVA indiquée dans des factures d’acompte ne peut pas, dans tous les cas, être techniquement représentée dans la partie structurée de la facture électronique, l’administration fiscale prévoit une règle de non-contestation jusqu’au 30 juin 2030.

Selon cette règle, la déduction des rémunérations partielles déjà encaissées conformément au § 14 al. 5 UStG peut être effectuée dans la partie structurée sous forme de somme via le champ BT-113 « Paid amount ». Les détails relatifs aux rémunérations partielles peuvent être indiqués dans le champ de texte libre BT-22 « Invoice note ».

À titre alternatif, la déduction des rémunérations partielles encaissées dans une facture finale émise sous forme de facture électronique peut intervenir dans une annexe intégrée non structurée, si celle-ci satisfait aux exigences du point 14.8 al. 8 no 2 UStAE. La partie structurée de la facture électronique doit alors renvoyer expressément à l’annexe. Une possibilité correspondante figurait déjà dans la lettre du BMF du 15 octobre 2024, mais avec un délai de non-contestation limité au 31 décembre 2027.

Obligation d’émettre une facture électronique

Une obligation d’émettre une facture électronique n’existe en principe, sous réserve des autres conditions, que lorsque le bénéficiaire de la prestation est un entrepreneur et qu’il reçoit la prestation pour son entreprise. L’administration fiscale précise qu’une violation de cette obligation ne sera pas contestée lorsque l’entrepreneur prestataire n’avait pas connaissance de la qualité d’entrepreneur du bénéficiaire de la prestation et ne pouvait pas non plus l’identifier en faisant preuve de la diligence d’un commerçant avisé.

Dans les opérations de masse comportant des contrats à exécution successive et une structure de clientèle mixte, par exemple pour les livraisons d’énergie par un fournisseur, l’administration estime qu’une clarification au début du contrat ou lors d’une modification contractuelle suffit. Il n’est pas nécessaire de procéder à des demandes répétées pendant la durée du contrat.

Lorsque l’émetteur de la facture est soumis à une obligation de facture électronique et qu’il émet à la place une autre facture, l’administration fiscale ne considère pas cela comme une infraction administrative au sens du § 26a al. 2 no 1 UStG.

Mentions obligatoires dans la partie structurée

Toutes les mentions obligatoires prévues au § 14 al. 4 phrase 1 UStG et, dans les cas particuliers, au § 14a UStG, doivent figurer dans la partie structurée de la facture électronique. Pour l’affectation des différentes informations aux champs prévus, l’administration fiscale renvoie aux tableaux de correspondance publiés par la Koordinierungsstelle für IT-Standards et par le Forum elektronische Rechnung Deutschland.

Lorsque le contenu des prestations est volumineux, son intégration complète dans la facture électronique structurée est parfois difficile. Dès février 2026, le BMF avait indiqué, pour les prestations de construction, qu’il ne serait pas contesté jusqu’au 30 juin 2030 que la partie structurée ne contienne que des totaux par corps de métier, à condition qu’une annexe lisible par l’homme contienne une ventilation détaillée selon le bordereau des prestations et que la partie structurée y renvoie clairement.

Dans le même temps, l’administration fiscale a précisé qu’un simple renvoi à des annexes non structurées ou à des documents externes ne satisfait pas aux exigences d’une facture électronique. La partie structurée doit contenir les informations dans une mesure permettant la fonction de contrôle de la facture électronique.

La description de la prestation doit donc permettre une identification univoque des prestations facturées et de leur traitement au regard de la TVA. Un simple renvoi à un contrat ne suffit pas à cet effet. La partie structurée doit notamment contenir le type de prestation, l’étendue de la prestation, la teneur de la prestation et, le cas échéant, le lieu de la prestation de manière suffisamment claire pour permettre une détermination abstraite des autres bases d’imposition et le contrôle de la déduction de la taxe en amont.

Les indications allant au-delà, par exemple une ventilation plus détaillée des relevés d’heures qui n’est pas nécessaire à la fonction de contrôle, ne doivent pas être intégrées dans la partie structurée. Elles peuvent être transmises dans une annexe intégrée. L’intégration d’un contrat est possible, mais n’est pas requise au regard du droit de la TVA.

Factures électroniques relatives aux prestations de construction

Le modèle de données de base ne permet actuellement pas encore de représenter intégralement la prestation de construction exécutée selon le bordereau des prestations. L’administration fiscale ne conteste donc pas, à l’heure actuelle, que la partie structurée de la facture électronique ne fasse apparaître comme description de la prestation que les différents corps de métier avec les totaux correspondants.

La condition est qu’une annexe intégrée lisible par l’homme contienne une ventilation détaillée selon le bordereau des prestations. La partie structurée doit renvoyer clairement à cette annexe. En outre, le bordereau des prestations peut être transmis en complément sous forme de fichier structuré, par exemple selon le standard GAEB.

Accords de remise, bonus et escomptes

Lorsqu’il existe entre l’entrepreneur prestataire et le bénéficiaire de la prestation un accord portant sur des réductions de rémunération, par exemple des bonus, des escomptes ou des remises, la facture doit le mentionner conformément au § 14 al. 4 no 7 UStG. Cela vaut également lorsque le montant de la réduction de rémunération n’est pas encore déterminé.

Le BMF précise qu’une mention générale d’un accord écrit de réduction de rémunération ne sera pas contestée. La condition est que les documents relatifs à la réduction de rémunération puissent être présentés à bref délai en tant que partie des enregistrements prévus au § 22 UStG et puissent être vérifiés facilement et sans ambiguïté. Si un accord conclu avant l’émission de la facture est modifié après celle-ci, une rectification de facture n’est pas nécessaire.

Cette clarification a également été intégrée au point 14.5 al. 19 phrases 6 et 7 UStAE.

Factures en prix bruts

En principe, dans une facture, la TVA doit être calculée à partir du prix net. Le montant de taxe doit être indiqué au centime près et arrondi selon les règles commerciales.

Le modèle de données de base de la facture électronique ne permet actuellement pas de représentation partant d’un montant brut, par exemple lors de la livraison d’un livre à prix imposé. Si aucun autre format de facture interopérable n’est utilisé, l’administration fiscale ne conteste pas que, pour les factures électroniques conformes à EN 16931 qui reposent sur des prix bruts et sont émises jusqu’au 31 décembre 2027, la partie structurée contienne, au lieu d’une description complète de la prestation avec postes individuels, seulement certaines données globales.

Sont alors requis les totaux des rémunérations ventilées par taux de taxe et par exonérations particulières, le taux de taxe applicable et le montant de taxe correspondant ou une mention de l’exonération. En outre, une annexe intégrée lisible par l’homme doit contenir une description régulière de la prestation avec postes individuels, dont découlent les totaux figurant dans la partie structurée. La partie structurée doit renvoyer clairement à cette annexe.

Rectification de facture et validation

Rectification d’une facture électronique

Lorsqu’il existe une obligation d’émettre une facture électronique, une rectification selon le § 31 al. 5 UStDV doit également être effectuée sous forme de facture électronique. Le type de facture destiné à une rectification doit alors être utilisé. Il n’existe pas de prescription technique définitive quant à savoir si la rectification doit intervenir par remplacement, cumul ou avoir commercial.

Les factures peuvent en principe continuer à être rectifiées, qu’il s’agisse d’autres factures ou de factures électroniques. En cas de modifications liées à la prestation exécutée, l’appréciation globale de la facture initiale et de la facture rectifiée ne doit laisser subsister aucun doute sur la quantité et la nature des biens livrés ou sur l’étendue et la nature de l’autre prestation.

Des indications spécifiques à certaines branches n’ont pas été intégrées dans la lettre publiée officiellement. Auparavant, le BMF avait attiré l’attention, pour certains secteurs, en particulier le secteur du bâtiment, sur la procédure dite du crayon rouge. Dans ce cadre, les factures sont vérifiées par le destinataire de la facture ou par un mandataire et adaptées par des suppressions. Si l’émetteur de la facture faisait siennes ces modifications, cela était jusqu’à présent reconnu par l’administration fiscale comme une rectification de facture, de sorte qu’il n’y avait pas, chez l’émetteur de la facture, de mention inexacte de taxe au sens du § 14c al. 1 UStG.

Dans le cadre de l’adaptation de l’UStAE à la facture électronique, cette possibilité de correction a été limitée aux autres factures. Le BMF confirme que les suppressions ou modifications comparables dans la facture initiale par le bénéficiaire de la prestation ne sont possibles que pour les autres factures. Pour les factures électroniques, cela entraînerait, selon le BMF, un écrasement du contenu initial, de sorte que les contenus écrasés ne seraient plus lisibles.

Dans de tels cas, le bénéficiaire de la prestation peut rectifier la facture initiale au moyen d’un avoir. La condition est que l’avoir fasse clairement référence à la facture rectifiée et qu’il ait été convenu entre l’entrepreneur prestataire et le bénéficiaire de la prestation qu’une correction par avoir est possible.

Validation et catégories d’erreurs

La validation d’une facture électronique n’est pas une condition juridique de sa validité. Elle sert d’outil pour vérifier le respect des exigences formelles et pouvoir en apporter la preuve à l’administration fiscale.

Le BMF ne proposera pas d’instrument public de validation et ne recommandera pas non plus d’applications déterminées. Déjà dans la lettre du 15 octobre 2025, l’administration fiscale avait pris position sur les catégories d’erreurs. Cette lettre distingue les erreurs de format, les erreurs de règles métier et les erreurs de contenu, notamment aux points 6a, 6b et 35a ainsi qu’au point 14b.1 al. 5 UStAE.

La lettre du 15 octobre 2026 précise une nouvelle fois que cette qualification intervient du point de vue du droit de la TVA. Une erreur de règle métier ne conduit à une erreur de contenu que lorsqu’elle concerne une mention obligatoire en matière de TVA.

Toute erreur affichée lors d’une validation n’a donc pas pour conséquence que la facture électronique ne soit pas reconnue au regard du droit de la TVA. Des conséquences en droit de la TVA, notamment pour la déduction de la taxe en amont, peuvent apparaître lorsque l’erreur concerne une mention obligatoire en matière de TVA.

Administration publique et facture électronique

L’administration publique est elle aussi soumise aux principes de la facture électronique dans la mesure où elle exerce une activité entrepreneuriale. En outre, des obligations d’émettre des factures dans un format de données structuré peuvent découler d’autres fondements juridiques.

Cela peut conduire à ce qu’une disposition prévoie un droit d’option pour une situation donnée, tandis qu’une autre disposition limite en fait cette liberté de choix. Cela concerne par exemple des seuils différents ou des voies de transmission différentes. Dans un tel cas, l’exigence la plus stricte est déterminante afin de satisfaire aux deux réglementations.

Lorsqu’un avis porte à la fois sur une prestation entrepreneuriale et sur une prestation relevant de la puissance publique, non entrepreneuriale, l’avis doit être émis sous forme de facture électronique. Si la facture au regard de la TVA est établie séparément, il convient d’éviter que la TVA soit mentionnée deux fois et qu’il en résulte une mention injustifiée de taxe au sens du § 14c al. 2 UStG.

En raison de restrictions techniques, les obligations en matière de TVA lors de l’émission d’un avis qui constitue en même temps une facture au sens de l’UStG ne peuvent actuellement pas encore être remplies, ou seulement dans des conditions difficiles. L’administration fiscale ne conteste donc pas, pour les avis relatifs à des taxes de droit public émis jusqu’au 30 juin 2030, qu’ils soient, par dérogation aux exigences légales, émis et transmis comme autre facture.

Application des règles complémentaires

Les principes s’appliquent, sous réserve des dispositions transitoires légales du § 27 al. 38 UStG, à toutes les opérations effectuées après le 31 décembre 2024. Aux fins de la déduction de la taxe en amont, il ne sera pas contesté qu’une facture électronique émise jusqu’au 31 décembre 2026 soit conforme aux exigences des deux premières lettres du BMF, mais pas encore aux exigences supplémentaires de la lettre du 15 octobre 2026.

L’émission d’une facture électronique peut en outre être considérée comme accomplie lorsque l’entrepreneur établit une facture électronique et s’efforce de manière vérifiable de la transmettre correctement, par exemple au moyen d’un protocole d’envoi. Cette indication concerne la question de l’émission et de la transmission et ne remplace pas les autres exigences légales applicables à la facture.

Importance pratique pour les entreprises

État de mise en œuvre après deux ans

Les règles relatives à la facture électronique s’appliquent depuis 2025. Toutefois, en raison des dispositions transitoires, la mise en œuvre n’est pas encore totalement achevée dans certaines pratiques. Au plus tard à partir de 2027, l’obligation de facture électronique deviendra plus prégnante pour de nombreuses situations concernées.

Après les lettres du 15 octobre 2024 et du 15 octobre 2025, l’administration fiscale a également traité d’autres questions le 15 octobre 2026. La nouvelle lettre apporte des clarifications à divers endroits, mais laisse encore ouvertes certaines questions importantes pour la pratique ou ne reprend pas intégralement des indications figurant dans des courriers non publiés officiellement.

Autre facture au lieu de la facture électronique requise

Une question importante en pratique concerne la déduction de la taxe en amont par le bénéficiaire de la prestation lorsque, au lieu d’une facture électronique légalement requise, seule une autre facture est délivrée. Dans les cas visés au § 15 al. 1 phrase 1 no 1 UStG, la déduction de la taxe en amont suppose en principe une facture complète et régulière lorsque l’entrepreneur prestataire est redevable de la TVA au titre de la prestation.

Pour les factures émises jusqu’au 31 décembre 2026, cela ne pose généralement pas de difficultés, car la règle transitoire générale s’applique à cet égard. Si l’entrepreneur prestataire n’a pas réalisé plus de 800 000 euros de chiffre d’affaires total en 2026, la période transitoire est prolongée jusqu’au 31 décembre 2027. Dans ce cas, le bénéficiaire de la prestation n’a pas à exiger de justificatifs particuliers de l’entrepreneur prestataire ; la question de savoir si le seuil de chiffre d’affaires a été dépassé doit être appréciée au regard de la diligence d’un commerçant avisé.

Après l’expiration des dispositions transitoires, une facture papier ou une autre facture électronique n’est en principe pas une facture régulière lorsqu’une facture électronique est requise. Dans une lettre non publiée officiellement du 21 juillet 2026, l’administration fiscale avait toutefois indiqué qu’au cas par cas, même en présence d’une facture formellement irrégulière, une déduction de la taxe en amont peut être possible lorsque toutes les conditions nécessaires à cet effet ressortent de la facture.

Selon la position de l’administration, cette question ne peut pas être tranchée de manière générale, mais dépend des circonstances du cas d’espèce. Pour les périodes transitoires 2025 et 2026, la déduction de la taxe en amont ne sera en principe pas contestée du seul fait d’un format de facture erroné, dès lors que le destinataire pouvait, au vu des informations dont il disposait, considérer que l’émetteur de la facture faisait usage de la règle transitoire.

Règle transitoire selon le § 27 al. 38 UStG

Concernant la mise en œuvre pratique de la règle transitoire, la lettre officielle du 15 octobre 2026 ne contient pas de déclaration expresse sur une autre question particulière. Dans une lettre non publiée officiellement adressée au secteur de l’énergie le 12 octobre 2026 sous la référence III C 5 – S 7287-a/00019/015/077, le BMF a toutefois pris position à ce sujet.

Selon le libellé de la loi, une facture peut être transmise jusqu’au 31 décembre 2026 pour une opération effectuée après le 31 décembre 2024 et avant le 1er janvier 2027, sur papier ou, avec l’accord du destinataire, dans un format électronique qui ne correspond pas au § 14 al. 1 phrase 6 UStG. La question se pose notamment pour les livraisons successives, par exemple les décomptes annuels d’électricité, de gaz ou d’eau, de savoir si une prestation effectuée jusqu’au 31 décembre 2026 peut encore être facturée en 2027 au moyen d’une autre facture.

Dans la lettre non publiée officiellement, le BMF a confirmé l’opinion selon laquelle une facture relative à une opération effectuée après le 31 décembre 2024 et avant le 1er janvier 2027 peut continuer à être délivrée comme autre facture même si elle n’est établie ou transmise qu’en 2027. Cette position est motivée par le fait que le § 27 al. 38 UStG rattache expressément les périodes transitoires à l’exécution de l’opération et non à l’émission ou à la transmission de la facture.

Cette indication est importante pour la pratique et devrait être pertinente par analogie pour la règle transitoire prolongée prévue au § 27 al. 38 phrase 1 no 2 UStG. Il convient en même temps de noter que le libellé de la disposition légale est considéré de manière critique, car il fait expressément référence à une émission jusqu’au 31 décembre 2026. La position défendue par le BMF est donc compréhensible du point de vue pratique, mais elle est en tension avec le libellé de la loi.

Points essentiels en un coup d’œil

  • L’obligation de facture électronique s’applique depuis le 1er janvier 2025 à certaines opérations entre entrepreneurs nationaux.

  • La règle transitoire générale prend fin à l’expiration du 31 décembre 2026.

  • Pour les entrepreneurs dont le chiffre d’affaires total en 2026 est d’au plus 800 000 euros, une règle transitoire prolongée s’applique jusqu’au 31 décembre 2027.

  • Tous les entrepreneurs doivent, depuis le 1er janvier 2025, pouvoir recevoir des factures électroniques et les archiver sous forme électronique.

  • La lettre du BMF du 15 octobre 2026 synthétise des contenus issus de plusieurs courriers adressés à des associations non publiés officiellement et fixe des prescriptions complémentaires.

  • Les erreurs lors de la validation ne conduisent pas dans tous les cas à la non-reconnaissance d’une facture électronique au regard du droit de la TVA.

  • Pour les factures électroniques émises jusqu’au 31 décembre 2026, y compris aux fins de la déduction de la taxe en amont, il ne sera pas contesté qu’elles ne satisfassent pas encore aux exigences supplémentaires de la lettre du 15 octobre 2026.

Questions fréquentes

Lettre du BMF du 15/10/2026 sur la facture électronique : qu’a-t-elle réglementé ?

La troisième lettre officielle du BMF du 15 octobre 2026 portant la référence III C 5 – S 7287-a/00019/021/017 contient des règles complémentaires relatives à la facture électronique obligatoire. Elle synthétise des points essentiels issus de courriers précédemment non publiés officiellement adressés à des associations et adapte l’Umsatzsteuer-Anwendungserlass sur certains points.

Facture électronique à partir de 2025 : quelles conséquences pratiques pour les entreprises ?

Depuis le 1er janvier 2025, les entrepreneurs doivent pouvoir recevoir des factures électroniques et les archiver sous forme électronique. Pour l’émission, des règles transitoires s’appliquent, qui s’étendent en principe jusqu’au 31 décembre 2026 et, pour certaines petites entreprises, jusqu’au 31 décembre 2027.

Déduction de la taxe en amont en cas de format erroné : qu’en est-il après les règles transitoires relatives à la facture électronique ?

Pendant les périodes transitoires, la déduction de la taxe en amont ne sera en principe pas contestée du seul fait d’un format de facture erroné, si le destinataire pouvait, au vu des informations disponibles, présumer l’application de la règle transitoire. Après l’expiration des dispositions transitoires, une facture au format de facture électronique approprié est en principe requise lorsque l’obligation de facture électronique s’applique.

Mise en perspective pour les questions de droit fiscal

Les règles complémentaires du BMF relatives à la facture électronique concernent de nombreuses questions de détail en matière de TVA, depuis les mentions obligatoires jusqu’aux rectifications de factures, en passant par les règles transitoires et de non-contestation. Pour les entreprises, les investisseurs et les particuliers fortunés, la distinction entre obligation légale, règle transitoire et non-contestation administrative peut notamment revêtir de l’importance. MTR Legal Rechtsanwälte accompagne ses clients sur les questions de droit fiscal liées à la facture électronique et à d’autres sujets de TVA ; vous trouverez de plus amples informations sous conseil juridique en droit fiscal.