Aucune imputation de l’impôt sur les donations de la compagne sur l’épouse

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Droit fiscal des donations dans le contexte des relations conjugales et non conjugales

La relation entre les règles du droit fiscal des donations et la diversité des configurations des relations privées représente un défi juridique considérable tant pour les donateurs que pour les bénéficiaires. La situation devient particulièrement complexe lorsque les donations dans un triangle composé de l’époux, de la compagne et de l’administration fiscale doivent être évaluées fiscalement. Cela est illustré par une décision du tribunal fiscal de Düsseldorf en date du 04.04.2008 (réf. : 4 K 1840/07 Erb), qui établit des critères fondamentaux pour la classification fiscale des donations dans de telles configurations.

Situation initiale : Transfert de biens à la compagne

Dans le cas présent, un homme marié a transféré des biens à sa compagne non mariée. Le transfert a ensuite fait l’objet d’un litige fiscal entre les parties en ce qui concerne l’imposition sur les donations. La compagne voulait que l’imposition ne soit pas portée à son encontre mais contre l’épouse du donateur. L’argumentation reposait sur l’hypothèse que la véritable donation devait être effectuée à l’épouse pour des raisons civiles ou fiscales, et que celle-ci devait donc être la débitrice fiscale.

Appréciation juridique de l’obligation fiscale

Définition déterminante de l’acquéreur

Le tribunal fiscal a d’abord clairement indiqué que, selon le § 1 alinéa 1 n° 2 en liaison avec le § 7 alinéa 1 n° 1 du ErbStG, il est décisif de savoir qui, en tant qu’acquéreur, reçoit effectivement un don gratuit sans contrepartie. Ce qui est déterminant est le don effectif et son acceptation par l’acquéreur concerné, et non une volonté divergente potentielle de tiers ou une imputation présumée de l’extérieur. Le focus est sur celui qui est le bénéficiaire économique des biens transférés. La loi ne prévoit pas la possibilité de transférer la dette fiscale par le biais d’une directive ou d’un transfert sur une autre personne que l’acquéreur effectif.

Pas de transfert de la dette fiscale à des tiers

Le tribunal a expressément déclaré qu’une compagne ne peut exiger que l’imposition pour un don dont elle a elle-même bénéficié soit portée à l’encontre d’une tierce personne – en l’occurrence l’épouse du donateur. Une telle base légale qui permettrait une attribution arbitraire ou discrétionnaire de la charge fiscale à des tiers est étrangère au droit fiscal des donations. En revanche, l’obligation fiscale correspond à l’avantage économique effectivement survenu, indépendamment des relations personnelles ou des conceptions internes des parties impliquées.

Particularités des relations entre membres de la famille

Privilèges entre époux et distinctions

Les privilèges fiscaux en vertu du § 16 ErbStG, notamment les abattements majorés pour les conjoints, ne s’appliquent qu’aux personnes qualifiées de partenaires conjugaux selon le droit civil. Les compagnons – quels que soient la proximité de la relation – ne bénéficient pas de ce traitement de faveur. L’attribution fiscale pertinente s’aligne strictement sur le transfert réel des biens.

Possibilités de planification et limites

Même si les donations ont lieu dans le cadre de configurations testamentaires ou d’accords matrimoniaux, le principe de transparence fiscale reste déterminant. Les marges de manœuvre en matière de planification ne peuvent évoluer que dans les limites légales. Le simple souhait de réaliser des avantages fiscaux ou de réduire les charges par l’attribution à des personnes privilégiées (par ex. les conjoints) n’est pas accepté par le législateur. Une attribution objective et spécifique à chaque cas de la donation est nécessaire.

Conséquences de la décision du tribunal fiscal de Düsseldorf

Le jugement souligne le lien strict de l’imposition sur les donations à la personne du bénéficiaire effectif. La conséquence est qu’un transfert fiscal de la dette sur les conjoints, dès lors qu’ils ne sont pas les bénéficiaires de la donation, n’est pas possible. En même temps, ce jugement appelle à un examen attentif des effets des donations en dehors du mariage et au respect des seuils d’abattement et des taux d’imposition en vigueur pour les partenariats non conjugaux.

Conclusion : Sécuriser les cas de successions et de droit fiscal des donations

La décision du tribunal fiscal de Düsseldorf apporte de la clarté dans le traitement fiscal des donations aux compagnons et définit les limites de l’attribution aux conjoints dans le cadre de l’imposition sur les donations. La classification et le traitement fiscal des transferts de biens sont dès lors enchaînés aux bénéficiaires effectifs et ne peuvent être transférés à des tiers. Ceux qui opèrent dans le contexte de mariage, de communauté de vie et de fiscalité des donations sont confrontés à de nombreuses questions et embûches.

Les possibilités de planification individuelles, adaptées à la situation personnelle et économique, gagnent donc en importance. En cas d’incertitudes ou de questions juridiques, il est conseillé de solliciter rapidement un soutien expert. Pour des informations approfondies et des questions spécifiques, MTR Legal Rechtsanwälte dans le domaine de Consultation juridique en droit des successions est à votre disposition.