Considération des accords prénuptiaux concernant le partage des coûts en cas de divorce : situation juridique et évolutions récentes
La répartition des coûts dans le cadre d’une procédure de divorce constitue régulièrement un point central des enjeux patrimoniaux entre époux. Il n’est pas rare que les parties souhaitant divorcer conviennent à l’avance – par exemple en complément d’un accord notarié de conséquences du divorce ou dans le cadre du processus de séparation – d’une prise en charge individuelle des coûts qui diffère des dispositions légales du § 243 FamFG ou des réglementations procédurales pertinentes. La reconnaissance de ces accords, rédigés de manière autonome par les parties, par les tribunaux revêt une importance pratique considérable.
Une décision récente de la Cour d’appel de Brême (réf.: 4 WF 54/21, publiée le 01.10.2021 ; disponible sur urteile.news) illustre dans quelle mesure les décisions judiciaires relatives aux coûts lors d’un divorce à l’amiable doivent être influencées par un accord entre les parties et quels paramètres juridiques sont alors déterminants.
Cadre légal des coûts et dérogations autonomes des parties
Répartition des coûts dans le cadre du divorce
Selon le cadre légal de départ, chaque époux supporte conformément au § 150 al. 1 FamFG les frais de la procédure, y compris ses propres frais et les frais de justice partiels, à moins que des circonstances particulières – comme une faute grave d’une partie – ne justifient une répartition différente des coûts. La décision judiciaire s’oriente ainsi vers le principe du partage.
Acceptabilité des accords privés concernant les coûts
La liberté contractuelle permet aux parties de conclure des accords divergents concernant les frais dans le cadre des limites du droit civil (notamment aussi du droit tutéliaire). Ces accords servent régulièrement à soulager financièrement un conjoint économiquement désavantagé, à encourager un règlement rapide ou à mettre en œuvre des solutions de compensation équilibrées.
Effets des accords privés de répartition des coûts sur la décision judiciaire
Portée de l’effet contraignant
La prise en compte judiciaire des accords privés n’est pas obligatoire, mais elle a un effet contraignant, pour autant que ces accords soient valides et non contraires aux bonnes mœurs. Le tribunal est tenu, en cas de consensus contractuel sur la répartition des coûts, de s’écarter de la répartition légale et d’utiliser l’accord des parties comme base de la décision sur les coûts – c’est ce que reflète la décision de la Cour d’appel de Brême (4 WF 54/21).
Exigences en matière de transparence et de possibilité de preuve
Compte tenu de l’effet contraignant judiciaire, une volonté des parties claire, déterminée dans son contenu et prouvée est requise. La documentation – par exemple sous forme d’un accord écrit et signé par les deux parties – crée une base de preuve nécessaire et permet au tribunal de prendre en compte et de mettre en œuvre la décision des parties. En l’absence d’une telle preuve, la règle légale en matière de coûts reste applicable.
Particularités des procédures en cours et affectation matérielle
Rapport aux règles de coûts procédurales et matérielles
L’accord des parties sur la répartition des coûts ne concerne que les rapports entre les parties elles-mêmes (règle sur les coûts matériels). Il influence la répartition de la charge des coûts, mais pas l’obligation procédurale de remboursement des coûts envers des tiers, tels que le tribunal ou – dans des cas exceptionnels – le prestataire d’aide sociale pour l’aide juridictionnelle.
Effets sur la fixation des coûts
Dans le cadre de la procédure de fixation des coûts, il convient de différencier entre la prise en charge interne des coûts (accord des parties) et la charge des coûts déterminée par le tribunal. L’accord interne ne peut devenir l’objet de la procédure de fixation des coûts contre la volonté des parties, mais doit être pris en compte lors du versement et de la gestion interne.
Évaluation juridique et classification de la décision actuelle
Le cas décidé par la Cour d’appel de Brême souligne la pertinence des accords privés dans le processus de divorce et leur influence sur l’application du droit. La décision confirme que les tribunaux doivent en principe respecter l’autonomie des parties dans le cadre de leur pouvoir discrétionnaire, à condition qu’il n’existe pas de préoccupations juridiques (par exemple, immoralité, désavantage injuste, violation de normes impératives). La mise en œuvre procédurale nécessite toutefois une preuve claire et une volonté précise des parties.
La jurisprudence actuelle confère ainsi aux accords contractuels sur les coûts entre conjoints dans le contexte du divorce une importance accrue et ouvre des possibilités précises de conception et de planification, qui peuvent concerner des considérations non seulement économiques mais également stratégiques dans le processus de séparation.
Remarque sur les procédures en cours
Pour les procédures qui ne sont pas encore légalement achevées et où les accords sur les coûts entre conjoints doivent être examinés par le tribunal, la présomption d’innocence complète s’applique et la force obligatoire des décisions judiciaires reste réservée. Source : urteile.news/OLG-Bremen_4-WF-5421.
Les clients ayant des questions juridiques supplémentaires sur la structuration et la validité des accords de coûts matrimoniaux lors de la séparation ou du divorce, ainsi que sur leur sécurisation dans le cadre de procédures judiciaires, peuvent obtenir des informations complémentaires sous Conseil juridique en cas de divorce.