Prises de vues aériennes d’œuvres protégées par le droit d’auteur – Limites de la liberté de panorama par le tribunal régional supérieur de Hamm
L’exploitation de photographies aériennes montrant des œuvres protégées par le droit d’auteur est souvent l’objet de discussions juridiques intenses. Par décision du 27 juin 2023 (Az. : I-4 U 247/21), le tribunal régional supérieur (OLG) de Hamm a redéfini des aspects essentiels de la soi-disant liberté de panorama dans le cadre des prises de vues aériennes, ce qui permet une discussion approfondie sur leur portée à l’ère numérique.
Contexte de la liberté de panorama
Fondements de la réglementation des exceptions en droit d’auteur
Conformément à l’article 59 de la loi sur le droit d’auteur (UrhG), la liberté de panorama accorde, sous certaines conditions, le droit de reproduire et de diffuser des œuvres situées de manière permanente sur la voie publique, les routes et les places. L’objectif de cette réglementation est de permettre la participation du public à l’art dans l’espace public, sans avoir à obtenir l’autorisation séparée du titulaire des droits pour chaque représentation.
Cas d’application typiques
La liberté de panorama inclut traditionnellement les photographies, les dessins et les films pris de la perspective d’une personne se trouvant sur la voie publique ou un espace public accessible. Cependant, des conflits surviennent souvent dans la pratique concernant l’inclusion des techniques de prise de vue modernes – telles que les prises de vue depuis des points de vue surélevés ou, notamment, depuis les airs grâce à des drones.
Le verdict du tribunal de Hamm – Raisons essentielles de la décision
État des faits et objet du litige
Le litige concernait la diffusion d’une photographie prise à l’aide d’un drone et publiée sur une plateforme en ligne. L’œuvre, un parc de sculptures protégé par le droit d’auteur, avait été photographiée d’un point de vue surélevé. Les titulaires des droits ont demandé une interdiction, affirmant que cette prise de vue n’était pas couverte par la liberté de panorama.
Interprétation judiciaire de l’accessibilité
Le tribunal de Hamm a établi des critères centraux concernant la caractéristique « des voies, routes ou places publiques ». Selon le tribunal, la liberté de panorama n’est pas illimitée – en particulier, elle ne confère pas la permission de réaliser des prises de vue depuis des positions habituellement inaccessibles au public général. La prise de vue aérienne est considérée comme une forme d’exploration qui dépasse largement la situation de perception ordinaire et ne tombe donc pas sous la réglementation des exceptions. L’utilisation d’un drone ouvre en particulier une perspective artificielle, techniquement créée, qui ne correspond plus à l’accès d’un passant moyen.
Conséquences pour l’utilisation de l’œuvre
Le tribunal de Hamm a précisé que la prise et l’exploitation de telles photos aériennes nécessitent fondamentalement l’autorisation spécifique des titulaires des droits, à moins qu’une autre autorisation légale n’existe. L’exception ne s’applique que si l’œuvre peut être représentée depuis un endroit généralement ouvert au trafic – en tout cas en principe.
Signification juridique et impacts
Distinction face aux technologies modernes
Avec sa décision, le tribunal de Hamm se positionne clairement par rapport aux nouvelles possibilités techniques d’utilisation des œuvres. Alors que, par le passé, les photographies classiques depuis une position stationnaire étaient principalement pertinentes, aujourd’hui, une multitude de prises de vues par drone et aériennes sont possibles, ouvrant de nouvelles perspectives, connexions et aperçus. La possibilité d’accès technique spécifique, selon le tribunal, ne doit cependant pas étendre l’exception de la liberté de panorama; il convient de s’en tenir à la perspective de chaque usager de la route.
Répercussions pour les institutions culturelles et les auteurs
La décision tend à renforcer la protection des œuvres protégées par le droit d’auteur dans l’espace public. Les opérateurs de biens culturels, de sculptures publiques ou de monuments historiques peuvent ainsi interdire ou exiger des licences payantes pour l’exploitation de prises de vue depuis des perspectives particulières – notamment depuis les airs. Ils obtiennent plus de contrôle sur la valeur économique de leurs œuvres, y compris en rapport avec la commercialisation de reproductions, souvenirs ou offres numériques.
Évolution de la jurisprudence
En regard de la jurisprudence de la Cour suprême fédérale et d’autres juridictions supérieures, il convient de noter que la ligne du tribunal de Hamm impose des exigences élevées en matière d’accessibilité et de perspective des prises de vue, mais des décisions au cas par cas sont cependant nécessaires. Les développements techniques futurs – tels que les systèmes de caméras autonomes ou les applications de réalité augmentée – pourraient susciter un besoin supplémentaire d’examen. De plus, il est important de prendre en compte le développement du droit d’auteur européen, notamment la directive de l’UE sur le droit d’auteur dans le marché unique numérique.
Besoins législatifs et questions juridiques ouvertes
Les décisions comme celle du tribunal de Hamm soulèvent la question de savoir si le législateur devrait préciser l’article 59 de l’UrhG à la lumière des progrès technologiques. L’interprétation de ce qu’est une « place publique » au sens de la liberté de panorama reste souvent floue. Les aspects internationaux, tels que la validité des photos aériennes prises à l’étranger et leur diffusion dans le pays, ne sont jusqu’à présent que partiellement réglementés.
Conclusion
Le jugement du tribunal de Hamm constitue un point important pour l’évolution de la liberté de panorama et ses limitations face aux technologies de prise de vue modernes. Pour tous ceux qui souhaitent utiliser ou exploiter des œuvres dans l’espace public, la décision offre d’importants champs de manœuvre ainsi que de nouvelles exigences en matière de clarification des droits.
Pour des questions approfondies concernant les exceptions au droit d’auteur, la légalité des prises de vue et l’utilisation des technologies de photographie aérienne, les personnes intéressées par le sujet peuvent consulter des conseils juridiques. Les avocats de MTR Legal sont à disposition pour des questions dans ce domaine.