# Égalité salariale : droit à l’écart avec le salaire médian

> Le LAG Baden-Württemberg accorde à une salariée l’écart de rémunération avec le salaire médian du groupe de comparaison masculin.

Source: https://www.mtrlegal.com/fr/egalite-salariale-droit-ecart-salaire-median/ · Language: fr · Updated: 2026-10-27

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Le Landesarbeitsgericht Baden-Württemberg (LAG Baden-Württemberg, tribunal régional du travail du Bade-Wurtemberg) a accordé à une salariée une rémunération partiellement supérieure pour les années 2018 à 2022 (LAG Baden-Württemberg, décision du 18 août 2026 – 2 Sa 14/24 [numéro de dossier]). La demanderesse ne peut certes pas exiger un alignement financier intégral sur un collègue masculin nommément désigné. Elle a toutefois droit à la différence entre sa rémunération et la rémunération médiane du groupe de comparaison masculin situé au même niveau hiérarchique dans l’entreprise.

## Litige relatif à l’égalité de rémunération pour un travail de valeur égale

Les hommes et les femmes ont droit à une rémunération égale pour un travail identique ou de valeur égale. Lorsqu’une salariée perçoit une rémunération inférieure à celle d’un collègue masculin exerçant un travail identique ou de valeur égale, cela fait généralement présumer que le désavantage est fondé sur le sexe.

Dans l’affaire jugée, la demanderesse réclamait rétroactivement à son employeur une rémunération plus élevée au titre de plusieurs éléments de rémunération. Elle fondait ses prétentions sur [l’Entgelttransparenzgesetz (loi allemande sur la transparence des rémunérations)](https://www.gesetze-im-internet.de/entgtranspg/BJNR215210017.html) et sur le principe général d’égalité de traitement.

### Demandes principale et subsidiaires de la demanderesse

Les prétentions de la demanderesse reposaient sur deux critères de comparaison différents :

- À titre principal, elle demandait un alignement financier sur un collègue masculin déterminé.
- À titre subsidiaire, elle réclamait la différence avec la rémunération médiane du groupe de comparaison masculin situé au même niveau hiérarchique.
- Concernant les actions virtuelles, elle réclamait, à titre subsidiaire, l’écart avec les prestations accordées en moyenne, tous sexes confondus, aux salariés de son groupe de comparaison.

La rémunération médiane figurait dans un tableau de bord consacré à la transparence des rémunérations sur l’intranet de l’employeur. Entre 2018 et 2022, le collègue nommément désigné par la demanderesse percevait une rémunération nettement supérieure à la médiane du groupe de comparaison masculin situé au même niveau hiérarchique.

## Objections de l’employeur aux prétentions

L’employeur contestait que la demanderesse et le collègue désigné exercent un travail identique ou de valeur égale. Il faisait en outre valoir que ce collègue occupait depuis bien plus longtemps le niveau hiérarchique concerné.

L’employeur attribuait également les écarts de rémunération à des insuffisances professionnelles de la demanderesse. Il objectait en outre que les données salariales du collègue avaient été illicitement extraites de listes mises à la disposition du Betriebsrat (comité d’entreprise allemand) pour l’exercice de ses missions. Selon lui, ces données ne pouvaient donc pas être utilisées dans le cadre du litige.

## Absence de droit à la rémunération du collègue désigné

Le Landesarbeitsgericht n’a fait que partiellement droit au recours. Il a rejeté l’existence d’un droit à la même rémunération que celle du collègue masculin concrètement désigné.

### Présomption renversée dans le cadre de cette comparaison

Pour les besoins de son examen, le tribunal a supposé tant la recevabilité des données salariales que l’équivalence des activités et l’existence d’une présomption de discrimination fondée sur le sexe. Il a néanmoins estimé que l’employeur avait réussi à renverser cette présomption dans le cadre de la comparaison avec le collègue désigné.

À cet égard, les éléments déterminants, appréciés dans leur ensemble, étaient :

- la structure des rémunérations au sein du groupe de comparaison masculin et
- l’ancienneté nettement plus importante du collègue au niveau hiérarchique concerné.

Selon l’appréciation du Landesarbeitsgericht, ces circonstances indiquaient que l’écart concret de rémunération n’était pas fondé sur le sexe de la demanderesse. Celle-ci n’a donc pas obtenu la différence avec le salaire plus élevé de ce collègue.

## Droit à la différence avec la rémunération médiane

Le tribunal a statué différemment concernant la comparaison avec la rémunération médiane des salariés masculins situés au même niveau hiérarchique. Sur ce point, l’employeur n’est pas parvenu à renverser la présomption de discrimination fondée sur le sexe.

Pour la période couverte par son recours, la demanderesse a donc droit à la différence entre la rémunération qu’elle a effectivement perçue et la rémunération médiane du groupe de comparaison masculin. Le succès de son recours se limite ainsi à ce critère de comparaison et ne s’étend pas à la rémunération du collègue nommément désigné.

### Appréciation distincte des actions virtuelles

Concernant l’élément de rémunération constitué par les actions virtuelles, le Landesarbeitsgericht s’est fondé sur le principe général d’égalité de traitement. En vertu de celui-ci, la demanderesse peut réclamer la différence avec les prestations accordées en moyenne, tous sexes confondus, aux salariés de son groupe de comparaison.

Ce droit est lui aussi limité à l’élément de rémunération concerné et au critère de comparaison fixé par le tribunal. Il n’aboutit pas à un alignement intégral sur le collègue masculin désigné.

## Nouvelle décision après renvoi

Le jugement avait déjà été précédé d’une procédure devant le Bundesarbeitsgericht (BAG, Cour fédérale du travail). Celui-ci avait annulé la première décision du Landesarbeitsgericht du 1er octobre 2024 par un arrêt du 23 octobre 2025 et renvoyé l’affaire devant cette juridiction (BAG, arrêt du 23 octobre 2025 – 8 AZR 300/24 [numéro de dossier]).

Après le renvoi, le Landesarbeitsgericht a de nouveau examiné l’affaire lors de l’audience du 14 juillet 2026. La décision prononcée le 18 août 2026 a mis fin à la procédure d’appel. Le Landesarbeitsgericht n’a pas autorisé de pourvoi en Revision devant le Bundesarbeitsgericht.

## Importance du groupe de comparaison en matière d’égalité salariale

Cette décision montre que différents niveaux de comparaison peuvent conduire à des résultats divergents. Une salariée peut être déboutée de sa demande d’alignement sur un collègue masculin déterminé tout en obtenant partiellement gain de cause lorsque sa rémunération est inférieure à la rémunération médiane du groupe de comparaison masculin pertinent.

La question déterminante reste celle de savoir si l’employeur peut renverser, pour chaque comparaison pertinente, la présomption de discrimination fondée sur le sexe qui résulte de l’écart de rémunération. Le binôme de comparaison concret, la structure des rémunérations du groupe de comparaison et les motifs invoqués par l’employeur doivent être appréciés séparément.

Les entreprises et les salariés ayant des questions relatives à l’égalité salariale, à l’Entgelttransparenzgesetz ou à l’exercice et à la contestation de prétentions liées à la rémunération peuvent s’adresser à MTR Legal Rechtsanwälte dans le cadre d’un [conseil juridique en droit du travail](https://www.mtrlegal.com/rechtsberatung/arbeitsrecht/).
